La quantité d’eau dans la Saône, un enjeu majeur – Le journal de Saône-et-Loire

2 février 2022

Presse

La réflexion et l’élaboration des actions en faveur de la Saône s’appuient sur quatre enjeux principaux : la quantité de l’eau, sa qualité, le développement et l’aménagement, la gestion des ressources naturelles et patrimoniales.

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Les crues de la Saône sont indissociables de la vie de cette rivière et donc des régions qu’elle traverse. Ses eaux peuvent inonder pendant plusieurs semaines des centaines de communes et plusieurs agglomérations et recouvrir jusqu’à 80 000 ha (800 km²) de terres, principalement agricoles.

Le régime de la Saône est très contrasté selon les saisons. À titre d’exemple, en amont de Lyon, les crues d’hiver dépassent régulièrement 1 400 m³ /s et peuvent atteindre 3 200 m³/s (soit l’équivalant du volume d’eau d’une piscine olympique toutes les secondes) ; à l’inverse, le débit d’été est extrêmement bas : quelques dizaines de m³ /s.

Cet écart est relativement peu visible en raison des ouvrages de régulation gérés par Voies navigables de France qui permettent d’assurer une hauteur d’eau nécessaire pour la navigation ou pour d’autres activités (irrigation des terres agricoles, fonctionnement des centrales hydroélectriques, alimentation des nappes, de zones humides…).

Entre le Doubs et Lyon, la Saône a une superficie inondable de 32 000 ha (pour la crue décennale). Particularité : 18 255 ha (soit 58 %) sont protégés contre les petites crues par 200 km de digues agricoles. Construites à partir du XIXe  siècle, entre Verdun-sur-le-Doubs et Lyon, elles forment 30 « casiers », dont le remplissage est géré par des vannages.

La gestion de ces ouvrages n’a d’impact que sur les petites crues qui ne menacent généralement pas les villes (sauf exception au nord de Chalon).

Des études sur les impacts du changement climatique ont montré une relative stabilité des cumuls de pluie annuels, malgré un déficit en été (-15 à -55 %) ; une augmentation importante de l’évaporation (passant de 900 à 1 100 mm/an) ; une baisse du débit moyen annuel (-10 %) avec des étiages bien plus sévères de la Saône : -30 à -50 % en débit estival.

Treize stations mesurent la qualité des eaux superficielles de la Saône : une seule d’entre elles décèle une rivière en bon état, dans la Saône vosgienne ; six stations attestent d’un état moyen, cinq d’un état médiocre ; une d’un état mauvais (en Haute-Saône). Globalement, la Saône dans les Vosges est en bon état, puis se dégrade en Haute-Saône, le plus souvent à cause de la dégradation du peuplement piscicole. De la Côte-d’Or et jusqu’à Lyon, la qualité redevient majoritairement moyenne, même si elle se dégrade localement à Seurre (Côte-d’Or) et dans deux stations installées en Saône-et-Loire : Gergy et Saint-Symphorien-d’Ancelles. Les eaux analysées dans les deux autres stations du département, Ouroux et Fleurville, sont classées en qualité moyenne.

Depuis 2011, on n’observe pas d’évolution significative : la Saône reste majoritairement en état moyen. Plus inquiétant, le pourcentage de stations de mesure montrant la Saône dans un état mauvais, médiocre ou moyen, oscille entre 85 et 100 %.

Les stations participent également au programme de surveillance des micropolluants de la Saône. En toute logique, la contamination des eaux est de plus en plus marquée en allant vers l’aval. Les pesticides sont parmi les micropolluants les plus récurrents dans le Val de Saône. Les plus fréquemment détectés sont très majoritairement des herbicides, notamment le glyphosate.

La qualité des eaux souterraines du Val de Saône est primordiale, compte tenu de son utilisation pour la production d’eau potable. 82 % des stations de mesure n’ont fait l’objet d’aucun dépassement de la norme eau potable. Les dépassements ont été observés sur les stations de Germigney (Haute-Saône), Labergement-lès-Auxonne (Côte-d’Or), Crissey et Ambérieux (Ain). Dans notre département, une situation dégradée de la teneur en nitrates a été enregistrée en 2019 à Farges-lès-Mâcon.

 Ça Saône est une initiative de l’EPTB Saône & Doubs et de l’agence de l’eau RMC lancée afin de sensibiliser les acteurs publics et les citoyens à l’impact du changement climatique dans la vallée de la Saône.  

Face au changement climatique,  faisons résonner les enjeux du Val de Saône pour des engagements porteurs d’avenir !

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